Peter Sarstedt, le 28/11/2007
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Pour ceux qui ne connaitraient pas ?
Where Do You Go To My Lovely - Peter Sarstedt
• Commentaires :
Nouvelle écrite le lendemain du 11 septembre, le 29/10/2007
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Quand l’heure sera venue, je mourrai ;
mais je mourrai comme doit mourir un
homme qui ne fait que rendre ce qu’on
lui a prêté.
Epictète
Mardi 11 septembre, 14h30
Dommage que je n’ai pas de quoi écrire . J’ai peur de ne pas me souvenir de tout ce qui s’est passé ou seulement de ne m’en rappeler que par bribes . Je n’aime pas déformer ce que je vois . J’aime qu’il y ait une logique et une vraisemblance dans ce que je raconte .
Pourquoi ai-je subitement décidé d’écrire mon journal intime ?
J’ai 50 ans de retard , 50 ans de vie à décrire en quelques jours . Ce n’est pas que mon existence ait été passionnante mais même pour le commun des mortels , un demi-siècle à se remémorer est une entreprise fort douloureuse .
Des images liées au passé, je n’en avais pas ou peu.
Les souvenirs m’ont toujours fait cruellement défaut.
Comment pourrais-je me rappeler de ce qui me faisait rire et de ce qui me faisait peur ! Tout cela me paraît bien loin , mais je vais essayer de restituer mes émotions de la manière la plus exacte possible . Du moins , je l’espère .
Mercredi 12 septembre ( j’ai perdu toute notion du temps)
Je me suis encore demandé pourquoi commencer mon journal intime
maintenant . Peut-être parce que ce lieu est propice au retour sur soi ….Quoique j’en doute….J’ai commencé à écrire sur un reste de mur , faute de mieux , c’est le seul support que j’ai trouvé . Ces quelques lignes , je les ai écrites grâce à mon fidèle « staedler boll 401 » fabriqué en Allemagne et dont la solidité prouve que c’est l’œuvre d’artisans simples , honnêtes et travailleurs de dieu sait quelle région…..Il est difficile de trouver un bon stylo , la plupart sont des feutres qui laissent une traînée d’encre humide qui se répand au fur et à mesure que l’on écrit .Cà a toujours été mon problème : je suis gaucher et, comme jusqu’à preuve du contraire , j’écris de gauche à droite et non pas de droite à gauche , l’encre n’a pas le temps de sécher que ma main vient déjà l’effleurer . Je ne connais rien de plus désagréable que de se retrouver avec des mains barbouillées de noir .
C’était le reproche que me faisait sans cesse ma mère d’ailleurs : « Mais pourquoi n’écris-tu pas de la main droite comme ton père et moi ? »
Je crois que c’était sans doute pour la contredire . Toute ma vie , j’ai essayé de ne pas ressembler aux autres , de ne pas faire ce qu’ils faisaient ! Je voulais être indépendant , réfléchir et agir par moi-même sans rendre compte à personne .
C’est un des reproches que je fais à l’école , cette sévérité , cette obligation de se lever toujours à la même heure , de voir sans arrêt les mêmes visages , de côtoyer toujours les mêmes amis . Après tout , je ne les ai pas choisis , ils m’ont toujours été imposés .
C’est fou comme le seul fait d’évoquer une toute petite chose peut engendrer une myriade de souvenirs différents . Je n’ai fait que parler d’un stylo et c’est toute mon enfance qui resurgit .
Je n’ai plus envie d’oublier , c’est pour çà que j’écrirai tous les jours .
Jeudi 13 septembre ?
J’ai perdu toute notion du temps , il doit être midi si j’en crois mon estomac !
J’ai enfin trouvé de quoi écrire et j’ai retranscrit dans ce petit carnet les quelques phrases qui étaient sur le mur . Je ne les ai même pas améliorées , à quoi bon , elles me sont venues naturellement , alors pourquoi les changer ?
Ici, je suis complètement coupé du monde , à l’abri , seul dans l’obscurité…Comme si la vie m’avait subitement oublié . Une foule de souvenirs se bousculent dans ma tête . J’ai à peine le temps de les coucher sur le papier que d’autres surgissent du fond de mon esprit !
Ce petit carnet que j’ai trouvé est devenu une sorte de journal intime.
J’ai à peine écrit deux pages et c’est tout mon passé que je restitue . J’écrirai encore tant qu’il me restera un souffle de vie .
Vendredi 14 septembre ?
Tiens , je me demande si cette pièce est bien aérée . Après tout , je suis ici depuis quelques jours. C’est fou comme le temps s’écoule lentement quand le bruit se fait rare. Je comprends pourquoi les gens qui parlent sans arrêt à tort et à travers trouvent que le temps passe trop vite .
Quand on se tait , on devient conscient du temps qui passe . J’aime la solitude et le sentiment qu’on éprouve quand on n’a plus à écouter les vaines discussions .
La parole entraîne toutes sortes de complications.
Les mots engendrent les conflits, le silence les aplanit.
Lorsqu’on se tait, c’est qu’on n’a rien à dire.
Personne ne peut imaginer que si on la ferme c’est parce qu’on le veut bien, et pas parce qu’on le vaut bien.
Pour beaucoup, le silence n’est pas quelque chose de voulu, mais la triste conséquence d’une vie monotone.
On m’a souvent pris pour un timide, un effacé.
Le plus beau compliment qu’on pouvait me faire, c’était : « Ah bon, tu es dans la même classe que moi ? »
Ne pas exister, n’être là pour personne, rester seul et observer sans se découvrir.
Vous en apprendrez bien plus sur les autres que quiconque n’en saura jamais sur vous.
Si on me parle , je reste indifférent et si on me demande mon avis , je me tais. La parole est la chose la plus stupide que Dieu nous ait donnée . Le silence est tellement rare….Ici , au moins , je suis à l’abri .
Samedi 15 septembre ?
Je ne suis pas mécontent d’avoir pris ces quelques jours de repos.
Je ne les ai pas pris, on me les a imposés mais le résultat est le même.
C’est bien parfois de rompre avec la monotonie.
Chaque jour, c’est la même chose, le soleil montre timidement le bout de son nez et moi, je me prépare à aller travailler.
Je me réveille toujours deux heures avant, je fais bien attention de ne pas réveiller ma femme .
J’enfile mon pantalon impeccablement repassé la veille.
Mes chaussures cirées la veille.
Mon veston, ma chemise et me voilà enfin prêt.
Comme chaque jour, je m’arrête devant la porte, mets ma main sur la poignée et me retourne pour dire au revoir à ma femme à peine éveillée.
Elle passe sans même me voir, ce sont là les seuls contacts que j’entretenais avec elle.
On ne se parlait jamais, ça ne me déplaisait pas mais le silence était devenu trop pesant.
Pourtant j’aime me taire, penser, rêver et réfléchir.
Je me rends compte que c’est égoïste et je m’en excuse.
Elle savait très bien pourtant que ma vie n’avait rien d’exceptionnel.
Je fais ce qu’on me dit et je la ferme.
Je laisse à mon esprit le triste devoir de contester, en silence.
De toute façon ça ne sert plus à rien.
J’aime protester, mais pas agir.
Je crois que c’est comme ça pour beaucoup de gens.
Notre génération n’est plus la même.
On n’a plus aucun idéal, on fait ce qu’on nous demande et c’est tout.
Tout a changé , on ne se pose plus les même questions.
Nos ancêtres se demandaient pourquoi ils mouraient et nous, on ne sait pas le but de notre vie.
Tous c’est gens qui se sont battus pour nous assurer une vie plus facile ont eu affaire à des ingrats.
Dimanche 16 septembre ?
Je n’ai pas relu ce que j’ai déjà écrit, j’ai peur de m’être répété ou pire de m’être contredit.
Je crois que je vais devoir bientôt m’arrêter car toute personne normalement constituée ne pourrait supporter de rester enfermée ici pendant plus d’une semaine . L’oxygène se raréfie , je suis coupé du monde et je sens que la vie m’abandonne inexorablement au fur et à mesure que je me dévoile .
Je dois dire que c’est l’endroit idéal pour écrire et aussi pour mourir. La folie des hommes a causé beaucoup de dégâts et elle est la raison de ma présence en ces lieux où on m’a inhumé avant même de mourir.
Le seul fait de savoir que je vais disparaître au nom d’un idéal qui n’est pas le mien me fait horreur.
Etre enterré dans un cercueil de pierre qui fut jadis mon lieu de travail. Quelle ironie !
Et dire que je me serais contenté d’une simple pierre avec mon nom gravé dessus ! J’aurais pu au moins laisser une trace quelque part.
Au lieu de çà, la poussière est devenue mon linceul et les murs du World Trade Centre , les portes de mon tombeau.
11 septembre 2001- 11 septembre 2003
S 301- 03/08/84
• Commentaires : Le 29/10/2007, par un fan :
vous avez pensé à en faire un monologue |
Guy Moquet me fait peur, le 24/10/2007
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A une époque ou les guerre se déclenchent sur des malentendus : Irak pour le pétrole euh pour rétablir l'ordre ou l'hypothétique guerre de Kouchner lancée dit-on pour détourner le peuple d'une éventuelle rupture sarko/cécilia (drôle de façon de détendre l'atmosphère) .
Guy Moquet refait son apparition (exhumation d'un héros pour faire passer la pillule plus facilement) cela s'appelle ni plus ni moins de la propagande façon III émé Reich.
Déterrer des héros , martyrs ou ce que vous voudrez et vous obtiendrez une bonne dose d'endoctrinement administré par dose homéopathique par des enseignants obligés de faire lire la lettre de Guy Moquet à leurs étudiants.
Loin de moi l'idée de dire que nous prenons exemple sur les kamikazes et pourtant de cette lettre on peut tirer les mêmes inepties que du coran.
La télévision joue aussi sont rôle : un spot de 5 minutes nous présente les dernier jours de Guy Moquet soutenus par les pleurs des femmes et des codétenus jusqu'a sa mort héroïque.
Dans une guerre on croise des lâches ou des gens courageux mais pas de héros.
L'héroisme n'a rien à voir dans une guerre et n'a rien à y faire.
L'héroisme est attribué au Dieu voir au semi dieu, les mortels n'ont que faire de ce mot, il ne s'applique à aucun d'entre nous.
On peut parler de courrage, d'acte de bravoure pourquoi pas mais pas de heros par pitié plus de héros.
Ce terme nous a fait trop de tort.
Nombre d'engagés volontaires l'ont payé de leur vie parce qu'ils croyaient voir revenir des héros alors qu'il ne s'agissait que de vétérans brisés tant physiquement que moralement.
Si ce mot vient encore à votre bouche relisez Marcel Bealu.
La jeunesse ne peut vivre sans héroïsme. Ce qui fait qu'elle se trompe souvent sur la qualité de cet héroïsme. (...). Ne cherchons pas à maitriser ce qui est une loi de la nature, mais efforçons nous de démontrer qu'il n'y a aucun héroïsme à glaner au cours des massacres modernes. (Marcel Béalu; « De diverses formes de l'Héroïsme »
Stefan Thibeau 24/10/07
• Commentaires : Le 29/11/2007, par Polux :
A mon avis, il aurait été bien plus intéressant de lire la dernière lettre de Missak Manouchian. Mais merci pour ce commentaire particulièrement bienvenu. |